Après une longue hésitation, des amis m’ont convaincu de publier mes carnets de voyage. C’est donc ici qu’ils prendront place, au moins ce blog servira à quelque chose ! Ces carnets sont issus des notes que je prends presque quotidiennement en voyage (souvent dans les transports) et relatent les expériences heureuses ou malheureuses, les moments partagés avec les rencontres de passages, les visites etc. C’est ainsi l’occasion pour vous de découvrir ce qui se cache derrière les beaux clichés que je peux ramener. La réalité est souvent plus dure ! Je m’attarde souvent à décrire et raconter l’histoire des lieux et villes que je traverse ainsi que la personnalité des personnes que je rencontre et la vie quotidienne du backpacker.

Que ces récits servent d'expériences à tous les voyageurs itinérants comme moi qui aiment parcourir le monde.

7.9.10

Les conséquences de l'urbanisation à Hà Nội

La ville a de tout temps opposé le monde rural que ce soit en termes d’apport économique ou de mode de vie. L’intense développement urbain qui s’est opéré depuis le 20ème siècle a engendrée une forte concurrence entre ces espaces, et toujours en défaveur des activités agricoles. Cette situation est aujourd’hui particulièrement prégnante dans les métropoles des pays en développement où le développement urbain tentaculaire met en péril les activités traditionnelles.

Le delta du Tonkin dans le Nord du Viêtnam est, avec d’autres vallées fertiles (Nil, Mékong etc.), une des régions où la mise en valeur agricole a été intense. En résulte des densités de population records : plus de 400 habitants par km² dans le delta voir jusqu’à 1000 habitants par km² près des rives du Fleuve Rouge (1). Cet équilibre entre main d’œuvre et production agricole permis par la culture du riz est aujourd’hui menacé par l’extension urbaine de Hanoï. En effet l’ouverture du pays a donné une soudaine fièvre aux investisseurs et promoteurs ce qui fait pression sur les espaces périurbains.


Diversité des usages du sol dans la banlieue sud de Hanoï, Jousseaume, Juin 2010



Le projet Seek East Asian Rural Urban Synergy (SEARUSYN) en collaboration avec l’université de Wageningen propose une intéressante étude sur les conséquences de l’extension urbaine hanoïenne sur les activités agricoles (2). L’étude a été réalisée sur 2 districts périurbains de la région de Hanoï : Gia Lam et Long Bien.

Une urbanisation croissante impulsée par le développement des infrastructures
En tant que métropole (3 millions d’habitants) d’un pays en développement, Hanoï a un énorme besoin en infrastructure pour se moderniser. L’amélioration du réseau de communication (routier et ferroviaire) est cruciale pour éviter les encombrements et la saturation des routes. La motorisation des ménages engendre une circulation effroyable qu’il est encore très difficile de juguler. De plus le développement économique apporte son lot de zones industrielles qui vont bientôt encercler la ville. Des dizaines de projet sont en cours et ce n’est pas près de s’arrêter.
En conséquence l’urbanisation explose, principalement aux franges de la ville. De 1998 à 2003, 7000 ha de terres agricoles ont été urbanisées et la municipalité prévoit la disparition de 12 000 ha de terres agricoles d’ici à 2020 ! Les projets de développement urbain intègrent bien la protection d’une ceinture verte (Green Belt) autour de la ville, mais les activités agricoles ne semblent pas rentrer dans ce cadre … Quels sont donc les rôles et les compétences des autorités locales dans ces projets de planification ?

Gia Lam, un district périurbain en pleine évolution

Le district de Gia Lam divisé en deux administrations distinctes (Gia Lam et Long Biên) se situe à l’est de Hanoï par delà le fleuve Rouge. Sa proximité avec la ville a provoqué un intense développement résidentiel et industriel, réduisant considérablement les espaces agricoles. Le district de Long Biên a même le statut de district urbain. En peu de temps les infrastructures ont grandement évolué (construction de ponts, voies express etc.). Mais se développement n’est pas sans risque, la proximité du fleuve soumet cet espace aux crues annuelles durant la saison des pluies. Le maintien des pratiques agricoles est vital pour préserver et entretenir le dense réseau de canaux qui irriguent la plaine.

Les compétences des collectivités locales au Viêtnam
Comme en France, le Viêtnam possède une superposition de collectivités avec des compétences particulières. La région-capitale de Hanoï est subdivisé en 12 districts, eux-mêmes composés de plusieurs communes.
Pour les projets d’infrastructures publiques ou liés à la sécurité c’est le gouvernement ou la région d’Hanoï qui sont les décisionnaires. Les districts, communes et résidants n’ont aucun rôle.
Pour les projets privés (investisseurs, promoteurs etc.) la concertation se fait au niveau local et régional :
- Théoriquement les investisseurs doivent s’adresser aux districts qui travaillent avec les communes pour évaluer les besoins en foncier du projet. Après l’approbation du district, le projet est présenté aux différents services de la région de Hanoï. C’est finalement l’avis du service d’Aménagement et d’Investissement qui permet de lancer le projet.


- Dans les faits les investisseurs s’adressent tout d’abord au département d’Aménagement qui s’arrange avec les districts pour faire naître les projets. Par conséquent il y a très peu de refus.

- Pour les projets concernant la ville de Hanoï, la région-capitale a créé un comité d’aménagement étudiant l’évolution future de la ville (Board of Hanoï Capital Region Planning). Des représentants des 4 départements (service Aménagement et Investissement, service des Ressources naturels et de l’Environnement, service Architecture, et enfin service Génie Civil) participe à ce comité. Un plan global d’aménagement (masterplan) est établi en collaboration avec le Centre Régional d’Aménagement. Un projet d’aménagement doit avoir l’approbation de ces 4 instances pour être mis en œuvre.

Les conséquences de l’urbanisation sur le niveau de vie des agriculteurs
Face à la perte massive des terres allouées aux activités agricoles au profit de l’urbanisation, un très grand nombre d’agriculteurs ont été expulsés et se retrouvent aujourd’hui sans terre. On estime à 20 000 chaque année le nombre de « paysan sans terre » supplémentaire. Hanoï comptait 842 000 agriculteurs en 1995, ils n’étaient plus que 600 000 en 2003 !
Le plus dur pour ces foyers est donc de retrouver une activité rémunératrice. Les investisseurs sont normalement tenus de verser une compensation importante aux expropriés et de leur fournir un nouvel emploi. La municipalité s’engage également à proposer des formations professionnelles aux sans-emplois. Cependant l’argent reçu par les agriculteurs est rarement employé pour investir dans une nouvelle activité. Persuadé d’entré dans la modernité les expropriés se font construire des maisons onéreuses avec de nombreux équipements. Aucun support ou conseil ne les oriente sur ce qu’ils pourraient faire.
De plus les investisseurs hésitent à les employer dans leurs nouvelles usines car ils sont pour la plupart non-qualifiés. Les agriculteurs sont souvent prévenus a très court terme de leur expropriation, ce qui ne leur laisse pas de temps pour ce reconvertir. Les chômeurs se retrouvent en concurrence avec la masse de jeunes adultes arrivant sur le marché de l’emploi, ce qui rend la reconversion d’autant plus difficile.

Les conséquences sociales du recul massif de l’agriculture périurbaine sont importantes pour les ménages concernés. Le chômage apporte précarité et incertitudes souvent associé à la violence et la criminalité. La pauvreté concerne de très nombreux espaces périurbains. Les agriculteurs n’y possèdent plus de terre pour exercer leurs savoirs-faires et n’ont pas les qualifications nécessaires pour s’intégrer à cette nouvelle société en développement.

Quel rôle pour l’agriculture dans l’aménagement futur de la ville de Hanoï ?
Le plan global d’aménagement attribue des fonctions importantes à l’agriculture : elle doit fournir des vivres pour la ville et contribuer au marché de l’emploi dans les zones périurbaines. L’agriculture est également une ceinture qui doit faire rempart à l’urbanisation excessive, un espace privilégié pour développer l’écotourisme. Ces beaux projets ne semblent pas prêt de se réaliser ; le plan ne précise pas ce qu’il entend par « ceinture verte ». Il est probable que l’agriculture ne soit pas entièrement prise en compte. De plus les investissements attribués aux activités agricoles ne représentent que 3-4% du budget de la ville de Hanoï pour un espace considérable.

La concertation entre les acteurs des projets est indispensable pour améliorer les conditions d’installation des nouvelles implantations. Les services de la ville travaillent souvent chacun de leur côté sur un même projet ! Comment intégrer la diversité des problématiques et des enjeux (sociaux, environnementaux etc.) dans ces conditions ? Le conseil municipal souhaite également mieux informer les citoyens des projets et changement d’affectation du sol. Reste à trouver les outils de cette meilleur communication pour que les premiers concernés soit les mieux informés. L’amélioration des conditions de formations des expropriés est également un enjeu crucial pour ne pas exclure cette population de la société.
Malgré la masse de personnes travaillant dans le secteur agricole, cette activité ne génère que de faibles revenues en raison des conditions encore archaïques d’utilisation du sol. Les parcelles sont morcelées à l’extrême suite aux nombreuses successions d’exploitation. Par conséquent l’agriculture permet juste un approvisionnement local et ne permet pas d’être orienté vers l’exportation. Des réformes semblent nécessaires pour élever le profit des exploitants agricoles, cette activité pourrait prendre plus de place dans les décision d’aménagement et être mieux considéré parmi les corps décisionnaires.


(1) Lire GOUROU. P, Le Tonkin, Paris, Exposition coloniale internationale, 1931 et Les paysans du delta tonkinois, Paris, EFEO, 1936


(2) NGUYEN Vinh Quang, The impact of urbanisation on agriculture in Hanoï, SEARUSYN, Hanoï, Février 2005. Pour lire l’étude cliquez ici

22.9.09

Nouvelle ville, nouveau port!

Après Nantes et Portstewart mes études me mènent une fois de plus près du rivage. Mais les géographes ont toujours aimé les ports, synonyme de voyage et de partance.

Pour un rural comme moi ayant découvert ‘la ville’ que très tardivement, la ville a toujours été un objet de fascination par l’intensité et la densité de son activité. J’emménage donc dans une nouvelle cité, atypique par son histoire qui a laissé de lourdes traces dans l’architecture et les paysages urbains.
Les traces du passé sont en effet difficile à identifier : pas d’immeubles bourgeois, pas de monuments anciens. A la sortie de la gare tout inspire le ‘neuf’ dépassé des années 60. Grandes alignées d’immeubles en béton, prédominance de bâtiments de grande hauteurs, de tours, même en plein centre-ville. Seul l’hôtel Gabriel et la tour de la découverte surplombant la rivière Scorff datent de plus de 60 ans. Une ville-nouvelle, une banlieue ? Non
Ville maritime, le port de plaisance en plein centre-ville, n’est là que pour la flânerie. Le vrai cœur économique de la ville se situe sur toute sa façade maritime : des quais, des docks, des industries, d’innombrables entrepôts et de quelques navires. Un port très actif puisqu’il est le 2ème pour la pêche en France, employant 3000 employés et également un port de commerce chiffrant 2,6 millions de tonne de fret par an.
Et c’est ce destin maritime qui fait vivre cette ville depuis 343 ans, lorsque Colbert décida d’y installer un chantier de construction naval pour le compte de la compagnie des Indes en 1666.
Il s’agit de la ville de LORIENT, sur la côte Bretonne.

Lorient fut donc fondé au 17ème siècle à l’époque des grandes découvertes et explorations maritimes. Le site de l’embouchure du Scorff et du Blavet, bien abrité dans une vaste rade et protégé par la citadelle fortifiée de Port-Louis, (photo ci-contre) fut choisit pour accueillir la construction et l’armement des navires se rendant en Orient. Le navire Soleil d’Orient connu sous le nom de l’Orient, donnera son nom à la ville.
L’installation de l’arsenal sur le Scorff va générer l’implantation de multiples activités : corderie, métallurgie et aussi une boulangerie grâce aux moulins du Faouëdic encore visible aujourd’hui.
Sous Louis XIV, les guerres incessantes nécessitent de protéger le site stratégique de Lorient, la marine s’installe donc tout près des chantiers. Jusqu’alors les navires de la compagnie débarquaient leurs épices dans d’autres ports de commerces, notamment Nantes. Mais en 1719, la ville devient l’unique centre d’activité de la compagnie. Lorient n’était qu’un vaste chantier naval entouré de baraquements où s’entassaient les ouvriers. Elle ne possédait pas d’infrastructure d’accueil des négociants et marchands. La création de la nouvelle ville, capable d’accueillir l’activité commerciale de la compagnie, va être attribuée à l’architecte Jacques Gabriel. Il bâtira ainsi l’hôtel des ventes en 1733 (actuellement l’Hôtel Gabriel, photo ci-contre) près de la porte de l’Enclos.
Lorient détient le monopole commercial en France sur les marchandises exotiques du monde entier (Louisiane, Afrique, Orient).
La tour de la vigie est un bâtiment emblématique de Lorient. La vue allant de Quiberon à l’Île de Groix permettait de contrôler l’arrivée des navires dans la rade et limiter la contrebande. Les marchandises étaient préalablement scellées à l’île de Groix avant d’être déchargées dans le port de Lorient.
Aujourd’hui l’Enclos du port possède presque les seuls monuments visibles d’avant les bombardements de la 2nde Guerre Mondiale (Les moulins, l’Hôtel Gabriel et la vigie).

Ce site stratégique sera vite investi par les allemands en 1940 qui vont y installer une base pour le stationnement de sous-marins. Les 3 indestructibles Blockhaus garderont encore longtemps le port de Lorient alors que la ville fut littéralement pilonnée par les Alliés. 85% de la ville fut détruite ce qui explique les peu de marque du passé.

17.6.09

Mesure de la ségrégation communautaire à Belfast

Depuis des décennies les habitants de Belfast ont eu l’habitude de se regrouper par quartier de même communauté, question de sécurité pour éviter la violence. Il n’est pas difficile de savoir où l’on se trouve dans les quartiers en dehors du centre-ville. Si les checkpoints et les miradors ont disparus, les marques d’appartenances transparaissent partout dans la ville à travers les fresques murales destinées à impressionner l’autre communauté.

Mais 10 ans après le Belfast agreement et la fin officielle de la guerre civile, quand est-il de la ségrégation ? Grâce aux sources du centre de statistique Nord-irlandais (Northern Ireland statistics and research agency), j’ai pu cartographier et donner quelques mesures de la ségrégation dans les Wards de Belfast (recensement de 2001). Les wards sont les échelons territoriaux les plus fins en Irlande du Nord (des circonscriptions administratives).
J’ai pris en compte dans mon étude les 50 Wards de la Communauté Urbaine de Belfast (Belgast City Council) et intégré plusieurs Wards au Sud inclus dans l’air urbaine de Belfast : 12 Wards du Castlereagh Borough Council et 5 Wards du Lisburn City Council. L’agglomération s’étend bien plus loin de chaque rive du Belfast Lough et dans le fond de la vallée de la Logan mais les Wards y sont beaucoup plus polarisé par les villes de Hollywood, Newtownabbey et Lisburn que par la ville de Belfast.
Notre étude s’étend donc sur 67 Wards

Une première carte flagrante de la composition religieuse des quartiers, la mixité n’est pas encore de mise dans la capitale Nord-irlandaise !
J’ai choisi le seuil de 85% pour désigner les Wards à très forte majorité mono-religieuse mais le seuil de 90% aurait également pu être très significatif. Je vais les appeler les Wards ségrégués. Le recencement révèle que 192 841 personnes des 332 229 habitants de Belfast vivent dans un Ward ségrégué soit 58% de la population. Le détail montre qu’environ 56% des catholiques et des protestants vivent dans ces quartiers profondément ségrégués.
Les wards que l’on peu qualifié de mixte quand la communauté majoritaire ne dépasse pas 60% représentent seulement 20,7% de la population !
Cependant on peut critiquer la pertinence du découpage des wards pour juger de leur composition religieuse. Des wards peuvent se trouver à cheval sur une frontière ethnique et ne pas refléter la ségrégation à l’intérieur ! L’exemple le plus significatif est celui de Ballymacarrett à East Belfast. Ce Ward est à 50% catholique et 47% protestant, un exemple de mixité me dîtes-vous ? A y voir de plus près le Ward est divisé par un ‘mur de la paix’ divisant l’enclave quasi-exclusivement catholique de Short Strand à l’Ouest, du reste du quartier. Et de nombreuses autres frontières religieuses sont comprises à l’intérieur des Wards. Cependant le tracé des peacewall reprend souvent la jonction entre 2 Wards.

La composition sociale des Wards paraît aussi inégale que la partition religieuse.


J’ai pris pour cela l’indice du taux de chômage dans la population active pour refléter cette tendance. La carte du taux de chômage fait nettement apparaître West Belfast et à vue d'oeil les quartiers les plus ségrégués ! La ségrégation entre les Wards peut-il donner une indication sur le taux de chômage de chaque quartier ? Pour répondre à cette interrogation je vais me livrer à un petit exercice de statistique.
Je vais supposer l’hypothèse : le taux de chômage est indépendant de la concentration des communautés dans les quartiers (hypothèse HO). Pour cela j’établis le graphique du taux de chômage en fonction de la part de la population majoritaire dans chaque Ward.


Le graphique fait apparaître une relation linéaire entre les 2 variables d’équation y=0,128x avec r=0,4883.
Ce résultat de variance calculé doit être testé avec la variance théorique en fonction des degrés de liberté. V= n-p-1 (avec n = nombre de couple et p = nombre de variable explicative). V = 67 – 2 = 65. Avec une marge d’erreur de 1% et un nombre de degré de liberté de 60 la valeur théorique de r est 0,3218. r calculé > r théorique donc je refuse l’hypothèse d’indépendance. Une relation existe bien entre la ségrégation des quartiers et le taux de chômage.

Cependant le modèle comprend de nombreuses exceptions (ou résidu) s’éloignant de cette relation. 2 cas numéroté sur le graphique peuvent-être expliquer autre que par le pourcentage de la population majoritaire dans les Wards.

- le cas 1 est celui du Ward de Ballymacarrett déjà expliqué précédemment. Les délimitations du Ward ne reflète pas la ségrégation à l’intérieur de celui-ci
- le cas 2 est celui du Ward de Shaftesbury, il s’agit du centre-ville de Belfast à la population et aux activités plus diverses que la périphérie.
On peut donc affirmer que les quartiers à fort taux de chômage sont souvent ségrégués (excepté les 2 cas ci-dessus) mais pas l'inverse et que les quartiers mixtes ont un faible taux de chômage.
Une étude plus poussée entre les recensements de 1991 et 2001 (puis bientôt 2011) aurait pu montrer l’évolution de cette ségrégation. Il est pourtant plus probable que celle-ci se soit accentuée depuis une dizaine d’année. Les ‘murs de la paix’ divisent encore largement la ville et semblent loin d’être détruit. Cette solution temporaire qui fut utilisé des années 70 jusqu’aux années 2000 semble maintenant un marqueur durable du paysage.

Belfast Interface Project
Ségrégation en Irlande du Nord, Le Monde Diplo, C. Gouverneur

8.4.09

Géomorphologie de l'Ecosse

Avoir parcouru 850 km à travers les dramatiques et tourmentés paysages écossais m’ont donné l’envie d’en savoir un peu plus sur la création de ce fantastique spectacle donné par la nature ! Alors je vous emmène au cœur de la géologie et de la formation des reliefs qui ont formé la couronne nordique de la Grande Bretagne. Petite étude de la géomorphologie Ecossaise qui explique en partie sa géographie humaine à partir du passionnant et très inspiré ouvrage de J.B. Whittow Geology and Scenery in Scotland (Penguin Books).

Introduction
A partir de Londres, plus on s’éloigne vers le Nord et plus les roches sont anciennes. On atteint les vieilles chaînes Calédoniennes qui s’opposent aux jeunes bassins sédimentaires du Sud de l’Angleterre. 2 phénomènes majeurs sont à l’origine des paysages Ecossais : l’orogenèse Calédonienne au Paléozoïque qui a formé l’essentiel des montagnes du pays et les processus érosifs jusqu’à la dernière glaciation qui a laissé de vives traces dans le paysage Ecossais. D’allure générale l’Ecosse présente une série de plusieurs chaînes de montagnes nettement orientées Sud-ouest Nord-est séparé par de profondes dépressions tel que la Midland Valley ou le Grand Glen au nord. Ces nettes incisions sont le résultat de longues failles qui ont littéralement découpés le relief Ecossais, et permettent d’isoler plusieurs entités géomorphologiques : les failles des Southern Uplands et des Highlands isolent la vallée centrale (Midland valley) du massif Sud (les Southern Uplands) et des Highlands. Les Highlands sont également découpées par la puissante faille des Great Glen qui isole le massif des Grampians des Northern Highlands.
Je vais étudier quelques caractéristiques générales de la Midland valley et des Highlands en focalisant sur certaines particularités.



La Midland Valley
Le terme vallée a été choisi pour désigner cette étendue de basses terres entre les Highlands et les Southern Uplands (délimités par les failles), malgré la présence de nombreuses collines qui élèvent considérablement son relief. Cette vallée présente nettement un phénomène de rifting, un effondrement de la surface entre deux failles. Ce bouleversement est la conséquence d’apparition de lignes de faiblesse durant la création des massifs Ecossais au Paléozoïque qui a progressivement abaissé une vaste étendue de terre d’environ 80 Km de large. Au Carbonifère et au Permien, des sédiments ont finis par se déposer au fond de cette cuvette et créer le présent bassin sédimentaire. Des mouvements tectoniques datant de l’époque hercynienne ont ensuite fracturé le bassin en plusieurs sous entités.

Section de la Midland Valley

(Geology of Scotland, Whittow, 1977)


Intéressons nous maintenant plus en détail aux reliefs régionaux qui parsèment la vallée.
Les richesses du sous-sol de la Midland valley ont été la source du prodigieux essor industriel de l’Ecosse au 18-19ème siècle. Le bassin carbonifère a permit l’extraction du charbon et l’intense urbanisation de la vallée de la Clyde (Strathclyde). Mais bien d’autres reliefs émergent autour de Glasgow que la silhouette des Highlands. De nombreuses collines témoignent d’épisodes volcaniques qui se retrouvent partout en Ecosse. Les Campsie Fells et Kilpatrick Hills au nord de la Clyde ont été formés par des épanchements volcaniques au Carbonifère. Le flanc sud des Campsies et le Nord des Kilpatrick Hills présentent un net escarpement de ligne de faille du à la faille Campsie qui est également responsable de la dépression de Strathbane entre les 2 reliefs. Les collines coniques au nord des Campsies sont le témoin de l’activité volcanique qui se retrouve tout le long de la vallée de la Clyde par des promontoires rocheux.
Le Lothian à l'est de la Midland valley se distingue par des paysages différents de celui du Strathclyde. Il n’y a pas de grand plateau volcanique, le climat un peu plus sec et les sols plus fertiles permettent la culture des céréales alors que l’ouest est dominé par l’élevage. Les environs d’Edinburgh se caractérisent par les nombreuses collines qui entourent la ville. Arthur Seats (l'image au dessus) et Castle Hill en plein centre-ville ont été formé par des intrusions de laves. L’érosion glaciaire et le déplacement du glacier vers la mer (coté est) leurs a ensuite donnée une forme caractéristique avec un versant abrupt coté Ouest tandis que l’Est a une pente plus douce (appelé ‘crag and tail’).

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Les Grampians Highlands
La chaîne des Grampians entre la faille des Highlands Boudaries et le Great Glen constitue le principal massif montagneux d’Ecosse et l’un des plus importants des îles Britanniques. Il est formé de deux formations lithologiques qui constituent deux entités géomorphologiques : le Moinien et le Dalradien, séparé par l’Iltay Boudary Slide.
- Les roches du Moinien sont daté du Précambrien et se retrouvent dans le Nord et le Nord-ouest des Grampians, elles sont composées d’épaisses couches d’argiles et d’arènes.
- Les roches du Dalradien sont un plus récente et sont composés de roches plus diverses en épaisseur et en lithologie. L’érosion différentielle y est plus importante et forme des reliefs plus accidentés dans le Sud du massif.
De nombreuses intrusions granitiques affectent le relief autant que d’épanchements volcaniques.

Rannoch et Glen Coe.
Atteindre la côte ouest des Highlands est une grande aventure. En quittant la vallée centrale, les reliefs s’élèvent, les centres urbains se raréfient et la végétation s’appauvrie. Mais c’est vraiment en se dirigeant vers la côte Ouest de l’Ecosse que l’on mesure la rudesse du climat et des conditions de survie. Les précipitations intenses, le vent et le froid n’ont laissé que peu de chance à la végétation et aux hommes pour s’installer. La route entre Crianlarich et Fort William compte parmi les paysages les plus impressionnants des îles britanniques en passant par les landes désolées de Rannoch et le spectaculaire défilé de Glen Coe. Jetons un coup d’œil à ces formations rocheuses.


Après la vallée boisée de Strath Fillan (Strath désigne une vallée large tandis que Glen, une vallée plus étroite) au niveau de Tyndrum, le paysage se fait plus ouvert et la végétation beaucoup plus basse. On arrive à la vaste dépression de Rannoch Moor recouverte par les landes et tourbières, parsemée de granite gris et de sombres lacs. La géologie de cet amphithéâtre est singulière car le fond (300m d’altitude) est formé de granit gris tandis que les reliefs environs sont principalement de schistes et quartzites. Habituellement la résistance du granit forme les reliefs les plus élevés ! La lithologie des roches alentours composées de quartzites (au sud et au nord-est) ainsi que les roches volcaniques de Glen Coe à l’ouest ont opposé une résistance plus grande que le granite. Les glaciers du Pléistocène ont profondément raboté les roches les plus ‘tendres’.
La silhouette sombre du Buachaille Ative Mor (1022m) divise les vallées de Glen Coe et Glen Etive qui donnent accès aux fiords de l’Ouest de l’Ecosse (et donc la mer !). La vallée de Glen Coe, célèbre pour son massacre de 1692, offre un spectaculaire paysage de vallée glaciaire entouré au Nord par l’abrupt des Aonach Eagach (966m) et au Sud par les masses des ‘3 Sœurs’ : Beinne Fhada (951m), Gearr Aonach (762m) et Aonach Dubh (869m) surmonté du Bidean nam Bian (1 148m). Cette étroite vallée (Glen) a été formé par une brèche qui a permit l’énorme accumulation de glace de Rannoch Moor de trouver une issue vers la mer. La glace a ainsi formé une typique vallée glaciaire en U. La rudesse des pentes alentours tranche avec la douceur des versants montagnards normalement trouvée à cette altitude. La région de Glen Coe est en fait formée de roches volcaniques, proche du pluton granitique du Loch Etive.

Glen Coe

Sortie Glen Coe, la vallée débouche sur l’océan Atlantique et les innombrables Fiords de la côte ouest de l’Ecosse : Loch Etive, Loch Leven etc. La plupart d’entre eux ont été créé par des lignes de faille et ensuite creusé par l’érosion glaciaire. Le fond d’un fjord n’est pas semblable a celui d’une simple vallée inondée type ria. L’action des glaciers a formé une morphologie particulière en succession de bassins. Les glaciers ont tendances à surcreuser la vallée lorsque les roches des parois adjacentes sont dures et à l’élargir à travers des roches moins résistantes. Cette conséquence de l’érosion différentielle a formé des vallées en verrous et ombilics. Cette structure est visible dans la forme des Lochs tel que Loch Etive ou Loch Leven. Après la fonte des glaces, la montée du niveau de la mer a submergé une partie de ces vallées côtières formant les majestueux fiords d’aujourd’hui.

26.2.09

Rebuilding Northern Ireland: the geography of peace

10 years ago was established the Good Friday Agreement (1998) bringing an end to 30 years of civil war and struggle between the 2 communities in Northern-Ireland. This course reviews the changes that occurred from the troubles to the peace process and examines the role of segregation within the communities.

Northern-Ireland during the troubles
The history of Northern-Ireland is the history of a deeply segregated society patch-work. All the aspect of the social life is leading by the ethno-nationalist belonging: work, education, leisure, living space etc. Discrimination, fear and mistrust remained in the Northern-Irish society. The ethno-religious conflict was also linked with a dropping economy. The unemployment rate was the highest in the UK (30%) and no investment came to the North due to a massive lack of infrastructure. Road network, social and public services were totally out of date; most of people lived in deep state of poverty. During 30 years almost all the financial support of London was concentrated on security and military presence. Therefore, Northern-Ireland experienced a massive out-migration until the 80s.



Segregation
Segregation is a process which divides people; it excludes parts of the population from social or economic opportunities. Segregation may be based on race, ethnicity, gender, religion etc. Protestants and catholic have lived like two parallel societies with very restrictive relations between them. In Northern-Ireland, the place or the social environment you come from can have a profound effect on your mobility, your social relation etc. Many Northern-Irish had only few or no contact at all with the other community since they were used to socialise in different places. The function of segregation during the troubles was to provide a feeling of security and solidarity within the community.
Marcuse (1994, 35) argues that walls that divide people in cities represent “power, but they also represent insecurity; domination but at the same time fear; protection but at the same time isolation”

Belfast: the segregated city
In Belfast, segregation is not dated from the troubles but has always been a key feature of the social life. English and Scottish settlers who first inhabited the city have founded Belfast in the 1600s. The Irish Catholics resided outside. In the 19th century Belfast has become the first immigrant-industrial city in Ireland. Many migrants came from the mainland (Great Britain) but a sizeable amount was Catholic.
The social context was quite different than this in the British city like Manchester or Glasgow since the immigrants were not foreigners but came from the same country just outside the city. Yet segregation characterized the social and economic life of the city. Catholics had not the same rights than protestant and remained a marginalized population. The inequalities in Ireland leaded by the British government between the two communities brought about the conflict.
Belfast has become a frontier-city (Kotek, 1999): “a territory for two different dreams” located on fault lines of ethnic, religious or ideological wholes.
In 1921 a the island is split in two parts: 6 counties of the north-east of Ireland would belong to the UK, this division has given rise the violence in Ulster till the end of the century. By the 70s, segregation was concretised by physical barriers between the ethnic enclaves. Walls have been erected, murals have marked the ethnicity of neighbourhoods and paramilitary infrastructures such as checkpoints have totally shaped the urbanscape. Belfast was a fortified city dominated by a military landscape symbol of the civil war.

Peace line between Shankill and Falls in Belfast

The way to peace and the Good Friday Agreement
The relationship between the 2 opposites political parties in Northern-Ireland, the SLDP and Sinn Féin, only started to improve in the 90s. In August 1994, the IRA (the Irish military branch of Sinn Féin) calls a ceasefire, followed later by the Combined Loyalist Commando. The peace process seemed to be started before the bomb-attack of Canary Wharf, London, in 1996 by the IRA.
A historical agreement has at last brought an end to the conflict with a political arrangement between both sides. The political cooperation was going to create an efficient government in Northern-Ireland known as the ‘Home Rule’. The Good Friday/Belfast Agreement has completely reformed the policing body (several military organizations controlled the country before). It negotiated the decomissioning of weapons and reformed totally the criminal justice. But if this Agreement seems to create a stable political framework for Northern-Ireland, some other aspects has been very controversial. 500 prisoners have been released including numbers of terrorists which remains a real shock for the victims. The Agreement did not mentioned any social aspects of people victims of violence. It did not give solutions to resolve the segregation in Northern-Ireland.

Carving a geography of peace
Peace has had a considerable effect in the townscape since the troubles has a very material and visual presence throughout Northern-Ireland. The infrastructure of defence such as checkpoints, watch towers, security bases have been little by little dismantled provoking a dramatically change in the architecture of towns and neighbourhoods. Between 1995 and 2005, 63 military bases were closed and demolished. Normalisation policies, as Ellis and McKay argue (2000, 53), have undoubtedly lifted ‘the psychological strain of living under siege’.
Time to peace is also time to replace all the dated infrastructure by massive investment in water, health, education, public services etc. The British government transferred the military sites to the Northern-Ireland councils. The Maze prison, symbol of the conflict where most of the terrorists and prisoners were in jail, constitute now an important debate for the future of this site. The Maze prison (called H-blocks or Long Kesh as well) occupies a huge site near Lisburn, 15 miles south Belfast. And the opinions are very wide about its near future:
- ‘As far as we (DUP) are concerned every square inch should be razed to the ground’ (DUP 2004).
- ‘It is one of the most important twentieth-century buildings in the world’ (Sinn Féin 2005).
Managers plan to create a mutli-used Sports Stadium with hotel and leisure activities around .

19.2.09

Contemporary geography of Ireland: Success and failure, the Irish story?

L'Irlande une île à la géographie passionnante qui a changé considérablement depuis ces 20 dernières années. Je vous propose un condensé de mon cours de géographie Irlandaise pour comprendre un peu mieux ce qui a transformer l'Île Emeraude.

The purpose of this paper is to understand the political, economic and cultural geography of the island of Ireland over the past 15 years. It considers the transformation of the Republic from “the sick man” of Europe to the arrival of the “Celtic Tiger”. And it questions about the political changes in Northern Ireland ten years after the Belfast agreement (1998). Finally it reviews the place of Ireland in the world and challenges its future after the downturn of th current financial crisis.

I. Reshaping the Irish Republic: the arrival of the Celtic Tiger
The Republic of Ireland has changed considerably over the past decade. Considered as the “sick man” of Europe, the country has been (before the crisis) one of the most attractive place in Europe for foreign investment. This course attempts to explain how this spectacular economic growth occurs and examines the Republic of Ireland before and after this recent development.

Past-Ireland: tradition and poverty
20 years ago, Ireland was one of the poorest country in Europe and deeply conservative due to its peripheral location in Europe. On the Northwestern edge of Europe, the country lived mainly on the (poor) agricultural resources and remained very rural. Poverty affected a large part of the population. Even until the mid-80s, 30% of Irish people were unemployed and 26% of the population were living beneath the poverty threshold. Ireland was at the brink of bankruptcy in 1988. Religion has had also a great influence on the Irish society. Divorced has been legalised in 1985 and homosexuality “decriminalised” only since 1993! And so far abortion remains still illegal. Emigration has been a solution to these economical problems since the middle of the 19th century. Millions and millions of Irish moved out of their home to the eastern part of Ireland, the UK or the USA. But Ireland changed considerably by this time.

The Economic boom
How Ireland has become one of the most prosperous places in Europe and has achieved to attract foreign investment? Several key reasons can explain the Irish success:
- The Irish government has planned a series of national agreement since 1988 for its industrial strategy. Furthermore Ireland remained competitive for its low industrial costs (wage bargaining) in an English-speaking country!
- Ireland had a reliable human capital educated and hard-worker. The social peace due to a strong partnership between employers, trade unions and organisations has been able to attract investment.
- Membership of the EU in 1973. It has brought capital of course but mainly widen the trading partners. Two-third of Irish exports are going now to the EU.
- Neo-liberal strategy with tax exemption and one of the lowest personal income taxes in Europe which enable to attract Foreign Direct Investment (FDI).




















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The “Celtic Tiger” has shaped a new Ireland
For the first time for two centuries population of Ireland has started to rise in the 60s and this shows that Ireland is at last becoming more attractive after centuries of deprivation! Return migration and new migrants explains this trend. And it’s all the society who has been affected by this tremendous economic boom. Unemployment fell from 18% to 3% and wages have significantly risen. New forms of consumption and way of life have appeared like the increase of car use, properties and recreation thanks to new financial facilities. However it questions about the goodness of this evolution. Obesity rate is up 14% since 1998 and Irishmen are among the most obese in Europe! Furthermore alcohol consumption rose nearly half between 1981 and 2001. The Irish are the most beer-drinker in the World with 155 litres per person per year (UK=98, world average=77). Commuting and fast living is now the common way of life of most of the Irish population. The essential consequence of this sudden economic growth stays the enormous cost of living in the Republic, the second most expensive place to live in the EU after Finland.

Finally the success of the Celtic Tiger in the 90s questions about consumption and “Irishness”. Ireland is not definitely the same than before, moreover this development seems quite uneven and inequalities remain the shame of this success.


II. The dark side of change
Unfortunately the economic growth did not bring only good things in the Republic. This course carries out an exploration of the social and economic patterns of the recent change in Ireland. Has change been consistent and equal in Ireland? What are the current barriers the country is facing in?

Uneven and concentrated development
Globalisation in Ireland didn’t affect the whole island equally even if most parts of the country enjoyed an unprecedented success. The main cities such as Dublin, Cork or Galway have attracted most of the investment thanks to their better infrastructure and services. Even the regional cities throughout the country achieved the role of gateway for the local and national economy. However this success can be balance by the recent economic downturn which question about the stability of this development.

The monocentric dominance of Dublin
More than all other cities in Ireland, Dublin has become the core of the Irish economy concentrating 80% of the political institutions, 70% of company headquarters and almost all the financial services in Ireland. Dublin is also the heart of a huge urban area representing 40% of the population, which entailed massive stressed in its current infrastructure. Roads and public transport networks are now overcrowded because the State didn’t have enough money to improve the old networks. And the development of Dublin has been too fast to maintain and replace a proper infrastructure. Traffic-jam in Dublin has been compared that in India!


Social unevenness
Ireland has just become one of the most unequal countries in the world and the gap between rich and poor is still widening. Gender inequalities are also one of the largest in Europe! The economic growth has brought about a dual welfare system where the no-haves are dependant on voluntary and charity firstly concentrated in the cities. The rest of the population is spatial disadvantaged. Ireland and particularly Dublin is now the most multicultural city in Europe with the lowest rate of indigenous people! It is still an important challenge to integrate the foreign population in a country traditionally mono-ethnic after years of emigration.
The housing market remains always a crucial issue in Ireland despite the huge recent building boom; the country had the lowest number of dwellings in the EU in 1980. It reflects the relatively high average of household size with about 3 persons per accommodation. It is the result of historical lack of shortage and rising house price.

The collapse of the financial market is now a major threat to Ireland. The country has become very dependent of foreign investment and the security of the middle-class rested on the value of property. House price has risen dramatically till an average of €410,000, but economists evaluated that they are overvalued by 25%! In 1999, the construction sector accounted for 25% of the gross national product and employs 13% of the Irish work-force. The current economic downturn is dropping all the Irish economy in a durable crisis.

26.1.09

Learning Irish? Let's go!!!

Vous voulez apprendre quelques rudiments de Gaélique Irlandais ? Alors accrochez-vous et suivez les indications suivantes.

I. Prononciation
L’Irlandais paraît imprononçable pour un débutant. Les lettres et combinaisons de lettres se prononcent différemment selon de très nombreuses règles que je ne vais pas développer.
L’alphabet irlandais comporte 18 lettres (portant chacune le nom d’un arbre) :
- 5 voyelles : a, e, i, o, u
- 13 consonnes b, c, d, f, g, h, l, m, n, p, r, s, t
Le plus important est de savoir que chaque consonne a 2 qualités, elle est soit “slender” (faible) ou “broad” (forte).
Elle est broad si elle est précède ou suit une voyelle broad : A, O et U
Elle est slender si elle est précède ou suit une voyelle slender : E ou I
Cette règle affecte la prononciation et la conjugaison. Une consonne ne peut-être entourée que de 2 voyelles de la même famille !
Ex : buidéal (une bouteille), 2 slender entre le D, ou casóg (un blouson) 2 broad entre le S.

II. Les noms communs
Il existe 2 genres en Irlandais, le masculin et le féminin, cela affecte les conjugaisons et déclinaisons.
L’article définit pour les 2 genres est an au singulier et na au pluriel. Il n’existe pas d’article indéfinit
an garsún : le garçon ; na garsúin : les garçons ; garsúin : des garçons

Mauvaise nouvelle, il existe 4 déclinaisons (le nom s’accorde selon sa fonction dans la phrase) en Irlandais et elles diffèrent selon le genre et le nombre du nom !
- Le nominatif-accusatif : pour la fonction sujet et COD
- Le génitif : pour le complément du nom (cas possessif), les adjectifs et autres cas
- Le datif : pour la fonction COI
- Le vocatif

Nom-acc / Génitif / Datif / Vocatif
Singulier bád (bateau)/ bháid / don bád / a bháid
Pluriel báid / mbád / dosna bádaibh / a bháda

Bon je ne vais pas tous les faire, mais on imagine la difficulté car les terminaisons ne sont pas régulières à tous les noms.

Un peu de vocabulaire (nom au nominatif sing/pl) et prononciation
Fear/fir (pro : far/fir): homme
Leabhair/leabhair (lyour) : livre
Deoch/deocha (dyoch) : boisson
Scoil/Scoileanna (Sgol): école

III. Le verbe régulier
Il existe 5 temps en Irlandais : le present, le passé, l’imparfait, le futur et le conditionnel
Les verbes se conjuguent en ajoutant une terminaison (sans oublier de respecter la règle slender/broad).
Présent
Sg 1 –im
2 –ir (ann tú)
3 – ann sé
Pl 1 –imíd
2 –ann sibh
3 –id
Passé
Sg 1 –as
2 –is
3 – sé
Pl 1 –amair
2 –abhair (- sibh)
3 –adar

Au passé, imparfait et conditionnel, la particule do est ajoutée devant le verbe (forme affirmative uniquement et des modifications orthographiques peuvent survenir au verbe (ajout de h, de m par exemple).
La négation est ní au présent et níor au passé
L’intérogation se forme avec la particule an au présent et ar au passé au début de la phrase.
La phrase commence par le verbe !

Exemple :
Léim an leabhar (Lém one lyour) Je lis un livre
Ar tuigis na páipéir ? (Ar tiguis ne paapèr) As-tu compris les documents
Ní ólann sibh beoir. (Nii elaonn shiv biore) Vous ne buvez pas de bière
Do chuireadar an gadhar amuigh (De kirir one gayar emu) Ils ont mis le chien dehors.
Note : le verbe mettre cuirim (je met) prends un h au passé et un E (slender) pour conserver le R entre 2 voyelles slender.

Vocabulaire :
Caillim (Kaylhim): je perds
Caithim (kahim) : je dépense, utilise
Léim (lém): je lis
Olaim (olime): je bois
Scríobhaim (shriivim): j’écris
Féachaim (fiaxim) : je regarde

IV. Le verbe être
Il est irrégulier en voici les terminaisons
Présent : Affirmatif Négatif
Sg 1 táim nílim
2 táir, taoi, tá tú nílir
3 tá sé nil sé
Pl 1 táimíd nílimíd
2 ta sibh níl sibh
3 táid, táid siad nílid

Il est tellement irrégulier qu’il utilise une autre forme que ta pour la forme interrogative sans mot interrogatif: fuil!
Présent Affirmatif / Négatif
Sg 1 an bhfuil / ná fuilim
2 an bhfuilir / ná fuilir
3 an bhfuil sé / ná fuil sé
Pl 1 an bhfuilimíd / ná fuilimíd
2 an bhfuil sibh / ná fuil sibh
3 an bhfuilid / ná fuilid

Exemple :
Tá Seán I gBaile Átha Cliath, ach tá Mícheál agus Máire anso (Ta Shaan i Blaa-cléa, oc ta Méé-haal ogueuss Maari eunso) Jean est à Dublin, mais Michael et Marie sont ici.
L’ordre des mots est le même qu’en français excepté le verbe au début. Notez que le verbe être se conjugue au singulier quand le sujet n’est pas un pronom personnel.

An bhfuil sé ann? Bhfuil sé /ná fuil sé. (Eu vwil shé aonn) Est-il là ? Oui / Non
Conas tá tú ? (Conass ta tou) Comment vas-tu ?
Il n’existe pas de oui et de non en Irlandais. On répond à une question en reprenant le verbe de la question à l’affirmative ou négative